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	<title>Edmond JOUVE</title>
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	<description>Pour faire connaissance avec ce Professeur &#233;m&#233;rite de l'Universit&#233; de Paris, auteur de tr&#232;s nombreux ouvrages et articles sur le Tiers Monde et les Relations internationales</description>
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		<title>Edmond JOUVE</title>
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		<title>Henri Verdier, fabricant d'&#233;pouvantails</title>
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		<dc:creator>Gilles Chevriau</dc:creator>



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&lt;p&gt;Ce texte, sign&#233; Edmond Jouve, a &#233;t&#233; publi&#233; dans le &#034;Cahier 14&#034; de l'Acad&#233;mie, des Arts, des Lettres et des Sciences de Languedoc. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Henri &#233;tait c&#233;libataire de son &#233;tat. Il habitait avec ses parents une petite maison au hameau de Travail, non loin du Pech du Pauvre Homme. Pour subvenir &#224; ses besoins, il louait sa force de travail et, pendant une dizaine d'ann&#233;es, il avait &#171; tenu le bouc &#187;, ce qui lui permettait de voir les uns ou les autres sur sa colline. De l&#224; il dominait la situation et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.edmond-jouve.fr/spip.php?rubrique24" rel="directory"&gt;Des gens de peu&lt;/a&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce texte, sign&#233; Edmond Jouve, a &#233;t&#233; publi&#233; dans le &#034;Cahier 14&#034; de l'&lt;i&gt;Acad&#233;mie, des Arts, des Lettres et des Sciences de Languedoc&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Henri &#233;tait c&#233;libataire de son &#233;tat. Il habitait avec ses parents une petite maison au hameau de Travail, non loin du Pech du Pauvre Homme. Pour subvenir &#224; ses besoins, il louait sa force de travail et, pendant une dizaine d'ann&#233;es, il avait &#171; tenu le bouc &#187;, ce qui lui permettait de voir les uns ou les autres sur sa colline. De l&#224; il dominait la situation et b&#233;n&#233;ficiait d'une vue plongeante sur la vall&#233;e de la Dordogne et sur la ligne de chemin de fer Paris-Toulouse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu avant sa mort il me raconta que, par mesure d'&#233;conomie il &#233;tait, lors d'un voyage, descendu &#224; la gare de Souillac et avait parcouru &#224; pied les 3 km qui le s&#233;paraient de son domicile. Mais il y eut un probl&#232;me : ses chaussures, trop petites, lui avaient mis les pieds en sang. Durant sa marche forc&#233;e, il se rappelait avec nostalgie les temps heureux o&#249; il le train s'arr&#234;tait &#224; la Chapelle de Mareuil, &#224; quelques pas de chez lui. D'o&#249; sa demande, renouvel&#233;e plusieurs fois : &#171; Toi qui as le bras long, tu devrais faire arr&#234;ter le train dans cette station. &#187; J'avais beau lui expliquer qu'une telle d&#233;cision ne serait gu&#232;re rentable, il n&#8216;en croyait rien et essayait de me convaincre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri aimait bien ma compagnie. J'essayais, &#224; mon tour, de lui t&#233;moigner ma confiance. C'est ainsi qu'organisant les colloques francophones du canton de Payrac, je me suis rendu &#224; Travail pour l'inviter &#224; notre repas champ&#234;tre, aux Cassagnes, dans mon village natal de Nadaillac-de-Rouge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec beaucoup de pr&#233;cautions il d&#233;clina l'invitation, pr&#233;textant qu'il s'agissait d'une r&#233;union de &#171; manches longues &#187; - autrement dit : d'intellectuels - o&#249; il n'avait pas sa place. J'essayai bien de le faire revenir su sa d&#233;cision, mais rien n'y fit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e suivante, je m'y pris autrement. Conscient que son activit&#233; favorite &#233;tait la fabrication d'&#233;pouvantails, je l'invitai &#224; en pr&#233;senter une collection &#224; Loupiac. Il s'acquitta de cette t&#226;che avec beaucoup de savoir-faire et de z&#232;le. Aux visiteurs il donna toutes les pr&#233;cisions n&#233;cessaires, r&#233;v&#233;lant qu'il fallait deux heures pour fabriquer un &#233;pouvantail digne de ce nom, ajoutant qu'il convenait de le renouveler r&#233;guli&#232;rement s'il &#233;tait destin&#233; &#224; &#233;loigner les oiseaux, par exemple d'un cerisier, sinon ceux-ci s'habituent et n'ont plus peur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui me connaissent savent que je voyage beaucoup. D&#232;s que les vacances arrivaient, Henri me demandait de &#171; monter &#187; le voir ; je le faisais avec plaisir, car il avait fait du coin qu'il habitait un lieu extraordinaire. Outre les &#233;pouvantails color&#233;s, souriants et sympathiques, on pouvait d&#233;couvrir dans son jardin, aux alentours de la Toussaint, des citrouilles ventrues, marqu&#233;es de ses initiales et de divers signes cabalistiques. Il refusa toujours de me dire pourquoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aimais bien aussi me mettre &#224; l'ombre sous un v&#233;n&#233;rable ch&#234;ne, vieux de plusieurs si&#232;cles. Un jour, au d&#233;tour d'une conversation, il m'expliqua qu'il l'avait sauv&#233; au p&#233;ril de sa vie. Le docteur Bernard Pons, devenu ministre de l'Agriculture, n'avait rien trouv&#233; de mieux que de d&#233;nuder nos collines couvertes de ch&#234;nes rabougris pour y planter des feuillus. Il fallut donc, dans un premier temps, d&#233;boiser. De grosses machines au bruit assourdissant arriv&#232;rent donc &#224; Travail, pour, tel Attila, arracher, concasser et broyer tout sur leur passage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#224; coup, un engin se pr&#233;senta devant &#171; notre &#187; ch&#234;ne. Henri montait la garde. Bien lui en prit. Que croyez-vous, en effet, que le conducteur du bulldozer avait en t&#234;te ? Faire place nette et arracher le ch&#234;ne qui, peut-&#234;tre, avait connu les druides et leurs faucilles d'or, et &#224; l'ombre duquel plusieurs lign&#233;es de la famille Verdier avaient pris un repas bienfaisant ! Alors Henri, n'&#233;coutant que son courage et son c&#339;ur, lan&#231;a au conducteur : &#171; Si vous arrachez l'arbre, vous m'emporterez avec lui ! &#187; Et comme sur la place Tien-an-men, face &#224; l'&#233;tudiant aux mains nues, le bulldozer changea de direction. Le ch&#234;ne &#233;tait sauv&#233;. J'ai souvent pens&#233; qu'Henri Verdier, ce jour-l&#224;, avait m&#233;rit&#233; une distinction qu'il ne re&#231;ut jamais !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'il r&#233;clamait, en revanche, c'&#233;tait que je lui en dise le plus possible sur ces contr&#233;es lointaines qu'il m'&#233;tait donn&#233; de visiter. Pr&#232;s de sa pendule, il avait, &#224; l'aide de quatre punaises, placard&#233; le planisph&#232;re o&#249; il suivait mes p&#233;r&#233;grinations. Ce qui l'int&#233;ressait par-dessus tout, c'est que je lui dise &#224; quoi pouvait bien ressembler les nuages qu'il ne cessait de contempler et m&#234;me d'interroger de sa demeure de Travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri s'en est all&#233;, emportant avec lui ses myst&#232;res, ses histoires de Drac et de sorci&#232;res. Il est parti sans faire de bruit, b&#233;n&#233;ficiant seulement des soins de sa cousine et de ses voisins. Il nous a quitt&#233;s heureux, m&#234;me s'il avait v&#233;cu dans le d&#233;nuement. Sa maison ne lui appartint jamais, ni le vieux ch&#234;ne. Il fut le dernier du village &#224; obtenir l'&#233;lectricit&#233; et l'eau courante. Pour disposer d'un chemin goudronn&#233;, il dut jouer habilement lors de plusieurs &#233;lections municipales. Aujourd'hui, une tombe creus&#233;e &#224; m&#234;me la terre t&#233;moigne d'une existence simple aux c&#244;t&#233;s de ses parents Martin et Marie, dont les noms ont &#233;t&#233; pieusement grav&#233;s sur une plaque par la parente au grand c&#339;ur. Elle aurait pu aussi inscrire cette &#233;pitaphe : &#171; Ci-g&#238;t Henri de Travail, mort aussi simplement qu'il avait v&#233;cu. &#187; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Crabo-N&#232;gro : Une histoire vraie</title>
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		<dc:creator>Gilles Chevriau</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Mercredi 26 f&#233;vrier 1947, Edmond Jouve et trois de ses camarades de classe (Emilienne Espitali&#233;, Jeanne Lasservarie et Paulette Chanat) signent sur un cahier d'&#233;colier, un texte de 6 lignes consacr&#233; &#224; un illustre personnage du village ; on dirait aujourd'hui un &#034;original&#034;, portant le sobriquet de Crabo-N&#232;gro (ch&#232;vre noire). &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Crabo-N&#232;gro avait un visage joufflu encadr&#233; d'une longue barbe embroussaill&#233;e, des cheveux fris&#233;s tombant sur les &#233;paules et abondamment pourvus de poux, des yeux vifs (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.edmond-jouve.fr/spip.php?rubrique24" rel="directory"&gt;Des gens de peu&lt;/a&gt;


		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mercredi 26 f&#233;vrier 1947, Edmond Jouve et trois de ses camarades de classe (Emilienne Espitali&#233;, Jeanne Lasservarie et Paulette Chanat) signent sur un cahier d'&#233;colier, un texte de 6 lignes consacr&#233; &#224; un illustre personnage du village ; on dirait aujourd'hui un &#034;original&#034;, portant le sobriquet de Crabo-N&#232;gro (ch&#232;vre noire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Crabo-N&#232;gro avait un visage joufflu encadr&#233; d'une longue barbe embroussaill&#233;e, des cheveux fris&#233;s tombant sur les &#233;paules et abondamment pourvus de poux, des yeux vifs et tr&#232;s bleus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il portait toujours un pantalon kaki et une longue veste ; sur sa poitrine, pendait une longue croix&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_66 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.edmond-jouve.fr/local/cache-vignettes/L300xH480/cabro_negro-b2480.gif?1740085287' width='300' height='480' alt='' /&gt;
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